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Publié en avril 2006
Le syndrome hémolytique et urémique (SHU) est une maladie le plus souvent d’origine alimentaire, potentiellement grave aux âges extrêmes de la vie ; elle est la principale cause d’insuffisance rénale aiguë chez les enfants de moins de trois ans.
Agent
L’agent bactérien responsable du SHU typique appartient à l’espèce Escherichia coli, le plus souvent de sérotype O157:H7. La production de shigatoxines est responsable de la maladie. On peut retrouver ces bactéries sous diverses appellations : STEC (Escherichia coli produisant des shigatoxines) ou VTEC (Escherichia coli produisant des verotoxines)
Les intestins des bovins constituent le principal réservoir de STEC.
La contamination de l’aliment provient le plus souvent d’une hygiène défectueuse lors de la traite ou de l’abattage des animaux. Les viandes hachées constituent le risque majeur en raison d’une possible contamination à cœur par ces bactéries lors de l'opération de hachage.
La contamination est le plus souvent alimentaire : ingestion d’un aliment consommé cru ou peu cuit. La viande de bœuf, en particulier hachée, est le plus souvent la cause.
Le lait cru et les produits à base de lait cru sont également impliqués, de même que de façon plus exceptionnelle, la consommation de légumes crus ou d’eau non traitée (eau de puit par exemple) contaminés pas des déjections animales.
Une transmission inter-humaine par transmission oro-fécale au sein des familles ou des collectivités est possible par défaillance des mesures d’hygiène.
Les contacts directs avec des animaux contaminés ou leurs déjections peuvent également être en cause. Il est à noter que la dose infectante est très faible.
Le syndrome hémolytique et urémique typique se manifeste aux âges extrêmes de la vie, surtout chez le jeune enfant.
Le SHU constitue une complication grave d’un épisode de diarrhée souvent sanglante, pouvant évoluer dans 10 % des cas vers une anémie hémolytique, une thrombopénie (baisse des plaquettes) et une insuffisance rénale aiguë, qui constituent les principales caractéristiques du SHU. Néanmoins, le taux de mortalité est actuellement inférieur à 5 % dans la littérature et à 1% en France
Biologiquement, la confirmation se fait :
Par coproculture permettant l’isolement et l’identification complémentaire du sérogroupe en cause (par exemple O157) d'Escherichia coli. Les selles doivent être prélevées le plus tôt possible après le début des symptômes (moins de 6 jours).
Par PCR (technique d’amplification génique) sur les selles avec caractérisation des gènes de virulence codant les Shigatoxines (Stx1 et Stx2) et les facteurs d’adhésion (eae). C’est la méthode la plus sensible. Elle est réalisée seulement dans des laboratoires spécialisés
Par sérodiagnostic : recherche des anticorps anti-lipopolysaccharides spécifiques de certains serogroupes de E.coli, à J0 et à J15 de la date de survenue du SHU.
La prise en charge est hospitalière avec des mesures symptomatiques, en particulier, dialyse et transfusion.