Site de pédiatrie
Von Hertzen L et coll : “Disconnection of man and the soil : Reason for the asthma and atopy epidemic?” J Allergy Clin Immunol 2006 ; 117 : 334-344
Publié en février 2006
Le rôle protecteur vis-à-vis de l’allergie, de la vie à la ferme et particulièrement du contact avec les animaux a été montré dans plus de 30 études au cours des 6 dernières années.
Or, qui dit contact avec les animaux de ferme dit contact avec les microorganismes du sol et de la végétation. Il y a ainsi moins d’allergiques parmi les sujets ayant un mode de vie « traditionnel » (manipulation de compost, de fumier, de bois, régime alimentaire riche en légumes fermentés…). Ces résultats se retrouvent dans les pays en voie de développement avec une augmentation de la prévalence de l’allergie dans les régions urbanisées où le béton gagne du terrain.
L’explication résiderait dans l’absence de contact avec les organismes saprophytes non infectieux contenus dans le sol. En effet, ceux-ci pourraient avoir, avec les germes commensaux du tube digestif, un rôle important dans l’homéostasie immunologique.
La majorité des bactéries présentes dans le sol sont des Gram + (Mycobacterium, Streptomyces, Actinomyces, Corynebacterium et Bifidobacterium). Les mycobactéries qui comportent plus de 80 espèces saprophytes ont particulièrement retenu l’attention tout comme les lactobacilles en tant qu’agents immunomodulateurs potentiels.
Les LPS (endotoxine), les acides lipotéichoiques et les peptidoglycans de la paroi bactérienne pourraient être responsable des effets immunomodulateurs des bactéries. De la même façon, les bêta-glucans fungiques ont un potentiel immunomodulateur. L’ADN bactérien, pourrait également entrer en jeu.
L’induction de la tolérance immunitaire pourrait se faire par l’intermédiaire des récepteurs TLR (Toll-like receptor) et particulièrement les TLR-2, 4 et 9, récepteurs membranaires pour les bactéries. La production de cellules Treg pourrait être à l’origine de l’induction de cette tolérance.
L’hypothèse hygiéniste délaisse donc le rôle des infections et du paradigme Th1/Th2 pour mettre en avant celui des germes saprophytes avec un accent particulier sur les TLR et les Treg.