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Onno van Schayck et Henriëtte A. Smit, European Respiratory Journal, 2005
Publié en octobre 2005
En se basant sur diverses données (admissions dans les hôpitaux, diagnostics posés par les généralistes…), les épidémiologistes font habituellement état d´une augmentation de l´incidence de l´asthme d´environ 5% par an, tous âges confondus. Mais cette tendance pourrait s´inverser selon les travaux d´une équipe hollandaise s´appuyant sur deux banques de données distinctes, d´une part le registre d´enregistrement permanent des maladies de la région de Nimègue, et d´autre part les enquêtes de santé effectuées régulièrement dans la partie sud de la province de Limburg.
La première banque de données comptabilise de façon standardisée toutes les maladies dont est frappée la population de la région. Et comme en Hollande l´accès aux soins se fait uniquement en passant par un généraliste référent chez lequel les individus doivent s´inscrire, ce registre est un reflet fidèle de la situation sur le terrain. L´analyse des données de cette première source montre que chez les enfants de 0 à 14 ans, l´incidence de l´asthme a quintuplé au cours des vingt dernières années du 20e siècle mais que depuis le début du 3e millénaire, on assiste à une baisse de l´ordre de 20% des manifestations respiratoires dues à l´asthme.
La deuxième banque de données utilisée pour cette étude résulte d´enquêtes répétées effectuées par les autorités sanitaires régionales auprès des parents, dans le but de déterminer la prévalence des affections respiratoires chez des enfants de 8-9 ans. Ces enquêtes ont été répétées tous les 4 ans depuis 1989, sur la base du même questionnaire. Et comme elles étaient faites au moment des examens réguliers de santé auxquels devaient se soumettre les enfants d´âge scolaire, les taux de participation ont été très élevés. Les données concernant 1102 enfants, soit 95,5% de la cible définie, montrent qu´entre 1989 et 2001, le pourcentage d´enfants chez lesquels existait au moins une des manifestations respiratoires recherchées (toux, sifflements respiratoires, essoufflement) avait diminué de plus de 20%, passant de 17,4% à 13,5%. Cette diminution était particulièrement marquée pour les sifflements respiratoires, qui concernaient 13,4% des enfants en 1989, mais n´affectaient plus que 9,1% d´entre eux en 2001. Dans le même temps, le pourcentage d´enfants soufrant de toux sifflante et qui utilisaient soit un bronchodilatateur soit un corticoïde inhalé avait augmenté de plus de 50%, passant de 39,2% à 56%.
Pour expliquer cette augmentation puis cette récente régression, les auteurs avancent l´amélioration de la prise en charge médicale, le diagnostic étant désormais porté de plus en plus tôt, permettant un traitement très précoce avec sans doute la disparition des manifestations respiratoires. Pour preuve, la diminution particulièrement nette des sifflements respiratoires entre 1997 et 2001 a coïncidé avec la publication par le Collège Hollandais des Médecins Généralistes de directives précises concernant le diagnostic et le traitement de l´asthme chez l´enfant, soulignant l´importance d´un traitement précoce à l´aide de corticoïdes inhalés.