Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Site de pédiatrie

Publicité

Choléra : l'éviction par le vieux sari plié

Une étude interdisciplinaire (impliquant des socio-écologistes, des microbiologistes, des épidémiologistes, des biologistes), menée au Bangladesh, montre qu'il est possible de réduire l'incidence du choléra épidémique en utilisant un moyen local simple de filtrage de l'eau : un vieux sari plié trois fois, de façon à superposer huit couches de tissu.

Des études écologiques ont montré que Vibrio cholerae, l'agent étiologique du choléra épidémique, est un commensal du zooplancton, présent dans l'environnement aquatique, essentiellement dans les copépodes, microcrustacés qui sont aussi les hôtes intermédiaires des larves des filaires de Médine.

Un programme d'épuration des eaux de boisson par filtration simple a été mis en place pour évaluer l'impact sur la diminution du risque épidémique.

Au Bangladesh, il est de pratique courante d'utiliser un tissu pour filtrer les boissons préparées à la maison. Le plus souvent, c'est un morceau de vieux sari déplié que l'on utilise. En laboratoire, les observations rigoureuses, à l'aide d'un microscope électronique, ont montré qu'un sari bon marché, plié trois fois de manière à superposer huit couches de tissu, constitue un filtre à pores d'environ 20 microns, suffisant pour filtrer et éliminer tout le zooplancton, la plupart du phytoplancton et, en tout cas, l'intégralité des particules de Vibrio cholerae attachées au plancton.

Ce filtre-sari se révèle suffisamment efficace pour enlever 99 % des particules virales en laboratoire. Les analyses font aussi souligner l'importance d'utiliser un vieux sari, car les fils se distendent, s'épaississent et forment des pores beaucoup plus étroits que lorsque le tissu est neuf. C'est la méthode domestique à l'aide du sari, plié de manière à superposer huit couches de tissu, qui a été choisie pour l'étude en la comparant à un filtre de nylon à pores d'environ 150 microns qui est couramment utilisé en Afrique pour le contrôle de la dracunculose. L'étude, qui a duré trois ans (septembre 1999-décembre 2000), a concerné 65 villages ruraux du Bangladesh, soit un total d'environ 133 000 individus (une maisonnée comporte une moyenne de 5,6 individus dans cette région). Les villages ont été divisés en trois groupes, selon qu'ils utilisent le filtre nylon (n = 25), le tissu plié (n = 27), ou constituent le groupe contrôle (n = 13).

Les résultats permettent de conclure à l'équivalence des deux types de filtre, celui à pores de 20 microns (sari) et celui à pores de 150 microns, le copépode étant de taille supérieure à 150 microns. Le taux d'incidence des cas de choléra est significativement diminué, de plus de 38 %, comparativement aux villages contrôles. La sévérité de la maladie est même apparue moindre dans les villages où l'eau a été filtrée.

Le filtre ménager en usage habituel dans la région est donc suffisant, d'autant que le sari s'est révélé même plus efficace (mais non significativement) que le filtre en nylon. Un intérêt non négligeable de cette méthode est la compliance des villageois à l'appliquer, attestée dans l'étude.

Comme l'incidence annuelle du choléra est bien connue (sous la dépendance des conditions climatiques et environnementales), son application peut permettre avec simplicité de diminuer drastiquement le risque de choléra.

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
.
Répondre