Mielcarek N, Debrie AS, Raze D, Bertout J, Rouanet C, Ben Younes A, Creusy C, Engle J, Goldman WE, Locht C. Live attenuated B.pertussis as a single-dose nasal vaccine against whooping cough.
Publié en juillet 2006
Il y a un siècle exactement, le scientifique belge Jules Bordet décrivait pour la première fois la Bordetella pertussis, bactérie responsable de la coqueluche. Cette pathologie respiratoire très contagieuse se manifeste par des quintes de toux répétitives et violentes, suivies par une congestion du visage, voire une cyanose. Tous les ans on enregistre entre 200.000 et 400.000 décès dus à cette maladie, notamment dans les pays sous-développés. Cependant, même dans les pays développés ayant mis en place des programmes de vaccination depuis une quarantaine d’années, comme en France, cette maladie est en recrudescence (rien qu’aux Etats-Unis on a observé une augmentation de l’incidence de l’ordre de 10 fois ces vingt dernières années !). Les vaccins de première génération, dits à germes entiers, sont constitués du germe inactivé soit par la chaleur soit chimiquement. Ils sont parfois responsables de réactions locales et générales : fièvre élevée, convulsions, syndrome des cris persistants, cyanose, etc. Les vaccins de deuxième génération, dits acellulaires, ont été développés dans les années 70 et sont aujourd’hui largement utilisés dans les pays occidentaux. Ils ont comme handicap d’être très coûteux et donc pas abordables pour les pays pauvres. Une équipe de chercheurs français de l’Inserm vient de développer un nouveau vaccin, administrable en une seule dose par voie nasale et peut coûteux à fabriquer.
L’équipe, coordonnée par le Dr Camille Locht de l’unité INSERM 629 à Lille, a mené ses travaux sur un modèle animal (souris). Ce nouveau vaccin, qui mime une infection naturelle par la coqueluche, a montré pour la première fois une efficacité sur les bébés souris, un modèle d’étude validé pour cette pathologie. Il a par ailleurs prouvé son efficacité secondaire sur Bordetella parapertussis, autre souche responsable de la coqueluche et contre laquelle ne protègent pas les vaccins actuels.
En effet chez les bébés, trop jeunes pour être protégés par la vaccination, la coqueluche est souvent grave, voire mortelle. En effet, les vaccins actuels (à germe entier ou acellulaire) sont administrés en trois injections à 2, 3 et 4 mois mais, étant donnée l’immaturité du système immunitaire des nourrissons, ils ne confèrent une immunité correcte que vers 4 à 6 mois.
C’est en observant une bonne réponse immunitaire à la coqueluche, dès 2 semaines, chez des nourrissons naturellement infectés que la troisième piste a été développée par l’équipe de Camille Locht. « Comme nous savions que l’infection naturelle protège bien contre une nouvelle infection les enfants qui ont survécu à la première, nous avons développé un candidat vaccin qui consiste en une souche de Bordetella pertussis génétiquement atténuée, capable de protéger par une seule administration nasale les bébés souris, alors qu’une vaccination classique ne le fait pas ».