Site de pédiatrie
Philippe Tellier
Publié en Janvier 2005
Chez les enfants âgés de moins de 12 mois, l’IRM et la tomodensitométrie ne peuvent être réalisées qu’après une sédation suffisante. L’hydrate de chloral a été progressivement remplacé par le pentobarbital, barbiturique d’action rapide, qui peut être administré par voie orale ou intraveineuse.
Les deux voies sont couramment utilisées, mais quelle est la plus judicieuse en termes d’efficacité et de tolérance ? C’est à cette question que répond une étude dans laquelle ont été inclus 2614 nourrissons (< 12 mois) qui ont tous subi l’une des explorations précédemment évoquées. Le pentobarbital a été administré avant celles-ci, soit per os (4 à 8 mg/kg), soit par voie IV (2 à 6 mg/kg). Les deux groupes se sont avérés comparables, pour ce qui est du poids et du sexe.
Le délai avant l’endormissement a été significativement plus long avec la voie orale (18+/-7 versus 11+/-7 minutes avec la voie IV, p<0,01), mais le délai avant la sortie du service de radiologie a été d’environ 108 minutes dans les 2 groupes. La fréquence des évènements indésirables durant la sédation s’est révélée identique avec les 2 voies, mais les épisodes de désaturation artérielle en oxygène (> 5 % pendant au moins une minute) ont été plus fréquents quand le pentobarbital a été administré par voie IV (soit 0,9 % vs 0,2 % PO, p=0,02). L’efficacité de la sédation s’est révélée, pour sa part, comparable, dans les 2 groupes, le taux d’échecs étant respectivement de 0,5 % (PO) et de 0,3 % (IV) (p=0,76).
Certes, il ne s’agit pas d’une étude randomisée, mais les résultats obtenus n’en sont pas moins exploitables en pratique. Le pentobarbital administré per os avant une IRM ou une tomodensitométrie réalisées chez le nourrisson permet d’obtenir une sédation de qualité dans l’immense majorité des cas. L’efficacité n’est pas inférieure à celle atteinte avec la voie intraveineuse, mais la tolérance respiratoire semble être supérieure.