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Publié en mars 2006
Les objectifs utopiques que l’Organisation mondiale de la Santé ou l’UNICEF se fixent régulièrement à l’occasion de leurs assemblées générales prêtent souvent à sourire, tant ils apparaissent irréalisables. Plusieurs exemples ont confirmé au cours des dernières années combien les ambitions des deux institutions ne parvenaient pas toujours à rejoindre la réalité. Ce fut ainsi le cas du programme qui promettait un traitement par trithérapie à trois millions de séropositifs des pays en voie de développement en 2005 ou encore de l’opération de longue haleine prévoyant une réduction drastique de la mortalité maternelle et infantile. Pour expliquer ces échecs, les raisons ne manquent pas aux premiers rangs desquelles le manque d’argent mais aussi les erreurs stratégiques.
Pourtant, dans certains cas, les espérances de l’OMS et de l’UNICEF, unies en un partenariat efficace, se réalisent. Un programme de lutte contre la mortalité liée à la rougeole a ainsi été mis en place en 1999 avec pour objectif une diminution de 50 % des décès en cinq ans. L’OMS et l’UNICEF choisirent au préalable de mener l’action dans les 47 pays qui représentent 98 % de la mortalité totale liée à la rougeole. La tactique s’articulait ensuite autour de quatre directions. D’une part, des campagnes de vaccination à l’intention des enfants de moins de 12 mois ont été mises en place. D’autre part, une seconde chance a été offerte aux enfants âgés de 9 mois à 15 ans de bénéficier d’une vaccination antirougeoleuse. Cette nouvelle opportunité est primordiale dans des pays où 24 % des enfants ne reçoivent aucune dose de vaccin antirougeoleux et où par ailleurs 15 % des sujets vaccinés ne développent pas de réponse immunitaire contre la maladie. L’accent a enfin été mis sur la surveillance et sur l’amélioration de la prise en charge des enfants souffrant de complications avec notamment un meilleur accès à la supplémentation en vitamine A.
Les campagnes de vaccination ont porté leurs fruits. L’OMS et l’UNICEF indiquent ainsi que la couverture vaccinale mondiale a progressé de 71 à 76 % entre 1999 et 2004. Dans les régions les plus concernées par la mortalité morbilleuse, cette couverture est passée de 49 à 65 % en Afrique subsaharienne et de 54 à 61 % en Asie du Sud. Les campagnes de vaccination « seconde chance » ont notamment été particulièrement importantes dans cette évolution favorable. Quelque 168 pays participaient en 2004 à ce type de campagnes contre 150 en 2001. Les résultats en terme de réduction de la mortalité sont particulièrement encourageants puisqu’elle a diminué de 48 % entre 1999 et 2004, passant de 871 000 décès à 454 000. C’est en Afrique subsaharienne que les progrès sont les plus remarquables, puisque la baisse est de 60 %. Particulièrement satisfaits de ces résultats très positifs, les responsables du programme regrettent néanmoins qu’en Asie du Sud, les progrès aient été moins manifestes. Les nouveaux objectifs de l’OMS et de l’UNICEF sont d’atteindre une couverture vaccinale mondiale dépassant les 90 % et plus précisément d’obtenir en 2010 une diminution de la mortalité de 90 % par rapport aux taux de 2000.
Plus de 150 millions de dollars ont été consacrés depuis 2001 à cette lutte contre la rougeole qui a bénéficié du soutien de nombreuses organisations internationales publiques mais également de plusieurs fondations caritatives privées.