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Austin J, Dunn D, Brooks-Kayal A, Holmes G, Caplan R : “Behavioral and cognitive comorbidities in pediatric epilepsy : Recogition, Mechanisms, Assesement and Treatement.” Presidential symposium. American Epilepsy Society’s Annual Meeting (Washington)
2-6 décembre 2005
L’épilepsie de l’enfant pose le problème de sa prise en charge mais aussi des répercussions de la maladie sur le développement de l’enfant. Quant elle survient chez un sujet jeune, l’épilepsie affecte en effet un cerveau en cours de développement. La répétition des crises épileptiques vient gêner le processus de maturation cérébrale et peut engendrer des troubles cognitifs et/ou comportementaux. Le pronostic des syndromes épileptiques est le plus souvent basé sur la disparition des manifestations épileptiques et sur la présence de troubles cognitifs tandis que les troubles comportementaux sont rarement pris en compte.
Les anomalies comportementales observées au cours de l’épilepsie sont relativement bien identifiées : troubles psychotiques, troubles de l’attention, dépression, auto-induction des crises et pseudo-crises. D’après différentes études épidémiologiques, 15 à 20 % des enfants ayant une épilepsie « compliquée » présentent des problèmes émotionnels, 20 à 25 % des troubles des conduites et d’opposition et 5 à 15 % des troubles attentionnels. La survenue des troubles comportementaux au cours de l’épilepsie est maintenant bien connue. La recherche des symptômes évocateurs devrait être systématique afin de proposer ensuite une prise en charge adaptée.
Les troubles attentionnels sont très polymorphes et ne sont pas toujours repérés alors qu’ils sont présents chez environ un tiers des patients épileptiques. Ils sont à évoquer notamment en cas d’impulsivité et/ou d’hyperactivité. Ces symptômes sont présents aussi bien à la maison qu’à l’école. Devant la présence de signes cliniques évoquant des troubles attentionnels, trois principaux diagnostics différentiels sont à éliminer : de véritables crises épileptiques, des effets secondaires médicamenteux, ou encore un trouble des apprentissages scolaires non diagnostiqué. La réalisation d’un enregistrement électroencéphalographique de longue durée et/ou de tests neuropsychométriques permet d’éliminer ce qui ne correspond pas à un déficit des fonctions attentionnels.
Les troubles dépressifs sont le plus souvent méconnus chez l’enfant et donc non traités. 20 à 25 % des enfants épileptiques sont déprimés. Les symptômes évocateurs de dépression chez l’enfant ne sont pas toujours faciles à identifier. A coté de l’anhédonie, le praticien devra chercher d’autres signes cliniques. La baisse du rendement scolaire peut être un symptôme de dépression de même que les changements dans les habitudes de vie tels que des modifications de l’appétit ou du sommeil. A noter qu’aucune donnée ne suggère que la dépression des enfants épileptiques soit différente de la dépression des autres enfants que ce soit sur le plan physiopathologique, évolutif ou de la réponse thérapeutique.
Actuellement, il n’y a pas de consensus sur la prise en charge thérapeutique des troubles du comportement de l’enfant épileptique. Traitement de l’épilepsie et mesures symptomatiques doivent être associés. La réalisation d’essais cliniques dans ce domaine permettra de mieux préciser la prise en charge thérapeutique optimale de ces comorbidités.