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Rhee KE, Lumeng JC, Appugliese DP, Kaciroti N, Bradley RH. Parenting styles and overweight status in first grade. Pediatrics. 2006 Jun;117(6):2047-5
Publié en juin 2006
On connaissait déjà un grand nombre de facteurs favorisant le surpoids, voire l’obésité chez les enfants : alimentation hypercalorique, sédentarité, génétique, etc. Cependant, si la plupart des chercheurs se sont concentrés sur les aspects métaboliques, voire psychologiques, de la prise de poids, peu d’études, en effet, ont abordé la question sur l’angle des rapports intrafamiliaux. Une équipe de chercheurs américains s’est intéressé particulièrement au caractère des mères, leur approche éducatif des enfants et les effets sur la prise de poids chez leur progéniture. Les résultats de leurs travaux viennent d’être publiés lundi dans la revue Pediatrics.
L’équipe, coordonnée par le Dr Kay Rhee de l'école de médecine de l'Université de Boston, a étudié 872 familles américaines. L’objectif de cette étude était de déterminer la relation entre 4 types d’«attitudes éducatives» des parents (sévère, autoritaire, permissive et négligente) et l’évolution de l’indice de masse corporel (IMC) des enfants. Les données médicales utilisées par les chercheurs provenaient du National Institute of Child Health and Human Development Study of Early Child Care and Youth Development (l’IMC des enfants a été obtenu lors de leur première année d'école primaire). Pour déterminer le mode d'«autorité parentale», les chercheurs ont étudié les relations entre les mères et leurs enfants lorsqu'ils étaient âgés de 4 ans.
Une analyse statistique de régression logistique multivariée a été appliquée pour évaluer les différentes attitudes éducatives et le rapport avec le surpoids via un contrôle des sexes, ethnies, niveau d’éducation de la mère, le niveau socio-économique de parents, leur statut marital et les problèmes psychologiques présentés par les enfants.
Selon Rhee et coll., 17% des enfants de mères «sévères» étaient en surpoids contre 9,9% des enfants de mères «négligentes», 9,8% des enfants de mères «permissives», et 3,9% des enfants de mères qui étaient plus «souples» mais fixant des règles claires (les autoritaires). C’est à dire, les mères «sévères» ont presque 5 fois plus de risques d'avoir un enfant en surpoids que celles qui traitent leur progéniture avec autorité mais plus de souplesse. «La différence entre les différents modes d'autorité parentale est assez frappante», soulignent les auteurs.
Rhee et coll. pensent que «les parents qui font preuve de respect et d'affection, tout en fixant des règles, pourraient aider leurs enfants à apprendre à faire les bons choix alimentaires». Une autre hypothèse avancée : «le fait de manger deviendrait une échappatoire au stress dans les foyers où les parents sont ‘’sévères’’».