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Jones M et coll. : « Randomised controlled trial of the Lidcombe programme of early stuttering intervention. » Br Med J 2005
Publié en septembre 2005
Environ 5 % des enfants de 3 à 4 ans bégaient. Bien que dans 3 cas sur 4 ce trouble du langage disparaisse spontanément, une prise en charge précoce, avant la scolarisation, est essentielle pour éviter qu’il ne se pérennise et entraîne des conséquences négatives tant au niveau de l’apprentissage que sur les plans émotionnel et social.
Parmi les divers traitements possibles, le programme Lidcombe, qui est une thérapie comportementale adaptée aux sujets de moins de 6 ans et impliquant les parents et les enfants, a de nombreux partisans. Cependant, comme bien souvent avec ce type de thérapie dont le succès dépend en grande partie de la qualité du thérapeute et de sa relation avec l’enfant et du niveau d’implication des parents, les preuves « scientifiques » de l’efficacité de la méthode sont difficiles à apporter.
C’est à cette démonstration que se s’est attelée une équipe internationale de spécialistes du bégaiement. Mark Jones et coll. ont randomisé des enfants âgés de 3 à 6 ans adressés à un centre de prise en charge du bégaiement entre un groupe assigné au programme Lidcombe et un groupe contrôle. Pour être inclus dans l’essai, les enfants devaient bégayer sur au moins 2 % des syllabes depuis plus de 6 mois.
Ce programme a été mis au point au centre du bégaiement universitaire australien situé dans une banlieue de Sydney nommée Lidcombe. Schématiquement, le programme Lidcombe, conduit par un orthophoniste, implique directement les parents dans la prise en charge de leur enfant avec des exercices quotidiens et un rendez-vous avec le spécialiste chaque semaine. Au cours de ces rendez vous les parents sont entraînés à réagir de façon positive lors des conversations avec leur enfant (essentiellement lorsque l’enfant parle de façon fluide) et à évaluer quotidiennement l’importance de leur bégaiement. Dans l’idéal, les séances quotidiennes peuvent être interrompues et la fréquence des visites peut décroître progressivement sur une période de un an lorsque le bégaiement se maintient à moins de 1 % des syllabes. Dans le cadre de cet essai, pour des raisons éthiques, il a été impossible de laisser les enfants du groupe contrôle sans traitement sur une aussi longue période et les résultats ont été jugés au neuvième mois après la randomisation sur des enregistrements audio réalisés à domicile par les parents et analysés en aveugle par les investigateurs.
Seuls 54 enfants ont pu être randomisés (en raison notamment de nombreux refus de la part des parents !) et 47 ont pu être suivis jusqu’au 9ème mois (27 dans le groupe Lidcombe et 20 dans le groupe contrôle). Le pourcentage de syllabes bégayées dans le groupe traité est descendu à 1,5 % contre 3,9 % dans le groupe témoin (différence 2,3 % avec un intervalle de confiance à 95 % entre 0,8 et 3,9 % ; p=0,003).