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Ziegler A-G et coll. : « Early infant feeding and risk of developing type 1 diabetes-associated antibodies.” JAMA 2003; 290: 1721-1728
Publié en mais 2004
Le diabète de type 1 est une affection chronique de cause inconnue qui se caractérise par une phase préclinique au cours de laquelle se développent des anticorps spécifiquement dirigés contre les ilôts de Langerhans pancréatiques. La susceptibilité génétique sous-jacente est désormais bien documentée et les phénomènes auto-immunitaires en question peuvent survenir dès les premières années de la vie, de sorte que certains allergènes de l’environnement pourraient les favoriser, au premier rang desquels figurent certainement les protéines du lait de vache. Cette hypothèse n’a pour l’instant reçu aucune confirmation. Le gluten est un autre suspect en tant qu’allergène alimentaire présent dans l’alimentation dès les 6 premiers mois de la vie, d’autant qu’il est largement impliqué dans la pathogénie de la maladie coeliaque. Le gluten pourrait également intervenir dans les phénomènes immunitaires qui font le lit du diabète de type 1, encore que, dans son cas, rien ne soit prouvé non plus. Ces débats ont de quoi alimenter les préoccupations des épidémiologistes. Ils sont en tout cas à l’origine d’une étude de cohorte prospective réalisée en Allemagne et intitulée BABYDIAB, dans laquelle ont été inclus 1610 enfants tous issus de parents atteints d’un diabète de type 1.
Des prélèvements sanguins réguliers ont été effectués chez les jeunes participants, de la naissance à l’âge de 8 ans, pour doser les anticorps dirigés contre les ilôts de Langerhans. Un questionnaire prospectif a permis de recueillir des informations sur un éventuel allaitement maternel (91 % de réponses), tandis qu’une enquête familiale donnait accès à la supplémentation alimentaire en gluten et l’âge auquel avait été introduit le gluten.
Le taux de perdus de vue entre la naissance et l’âge de 5 ans n’a été que de 14,4 %. A cet âge, les anticorps dirigés contre les ilôts de Langerhans s’étaient développés chez 5,8 % des participants. Le risque de voir apparaître ceux-ci n’était pas significativement augmenté en cas d’allaitement maternel exclusif ou quasi-exclusif. En revanche, la supplémentation en gluten avant l’âge de 3 mois a été associée à une augmentation significative de ce risque, celui-ci étant en effet estimé à 4,0 (IC 95 %, 1,4-11,1 ; p=0,01 versus les sujets exclusivement nourris au sein). Les anticorps sont apparus chez 4 des 17 nourrissons exposés au gluten avant 3 mois et, dans les 4 cas, il existait un génotype à haut risque (DRB*03/04, DQB1*0302). Après l’âge de 6 mois, le taux des anticorps ne s’est pas élevé malgré l’exposition à cet allergène.
Cette étude prospective plaide indirectement en faveur de l’allaitement maternel exclusif chez les enfants issus de parents diabétiques. Celui-ci mettrait à l’abri de l’apparition des anticorps anti-ilôts de Langerhans, sans doute en retardant l’exposition aux farines riches en gluten.