Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Site de pédiatrie

Publicité

La grippe peut être grave

Bhat N et coll. : « Influenza-associated deaths among children in the United States, 2003-2004. » N Engl J Med 2005 ; 353 : 2259-67.

Publié en décembre 2005

Les complications graves et la mortalité attribuées à la grippe croissent de façon exponentielle avec l’âge. Le taux annuel d’hospitalisation pour grippe passe ainsi aux Etats-Unis de 6,8 pour 100 000 chez l’adulte jeune à 628 chez les sujets de plus de 85 ans. Ces données connues de longue date ont conduit à recommander la vaccination anti-grippale aux sujets de plus de 65 ans et aux personnes fragilisées par une affection chronique prédisposant aux complications de la grippe.

Ce n’est que récemment que l’attention a été attirée sur la mortalité liée à la grippe chez l’enfant.

 

Une étude conduite par les Centers for Diseases Control (CDC) d’Atlanta 04 permet, pour la première fois sur une large échelle, d’évaluer l’importance de la grippe en terme de mortalité chez les sujets de moins de 18 ans et de préciser les facteurs de risque d’évolution fatale.

Tous les cas de grippe mortelle, confirmées au laboratoire, survenues chez des résidents américains de moins de 18 ans durant l’hiver 2003-2004 ont été répertoriés et analysés par les CDC.

153 décès par grippe chez l’enfant ont été rapportés aux CDC cette année là. La grippe est ainsi, aux Etats-Unis tout au moins, la première cause de mortalité en rapport avec une maladie infectieuse pouvant être prévenue par un vaccin, puisque les infections invasives à pneumocoque n’ont été responsables « que » de 120 décès d’enfants la même année, les coqueluches de 101 morts/an (dans les années 90) et les varicelles de 39 décès par an (entre 1999 et 2001).

Ces décès sont survenus relativement rapidement dans l’évolution de la maladie (durée médiane de l’affection : 5 jours) ce qui explique que 31 % des morts ont été constatés à domicile. Trois types de tableaux cliniques paraissent responsables des décès : une exacerbation d’une maladie préexistante, une surinfection bactérienne (retrouvée dans seulement 24 % des cas) ou une évolution fulminante après un début banal.

Le jeune âge est un facteur de risque de décès important puisque 63 % des morts sont survenues chez des enfants de moins de 3 ans et que le taux de mortalité pour 100 000 passe de 0,88 en dessous de 6 mois à 0,11 au dessus de 11 ans (p<0,001). Cette étude a par ailleurs confirmé l’augmentation du risque de décès chez les enfants souffrant de maladies chroniques considérées comme accroissant la morbidité grippale puisque 33 % des morts ont été observées chez des enfants souffrant d’asthme, d’affections pulmonaires ou cardiaques chroniques, de troubles métaboliques ou endocriniens, d’immunodépression, sous traitement au long cours par aspirine, atteints d’hémoglobinopathies ou d’insuffisance rénale (par ordre décroissant de fréquence). La mortalité grippale serait à peu près 5 fois plus élevée chez les enfants porteurs de ces pathologies que dans la population générale.

L’un des faits nouveaux relevés par cette étude est que d’autres pathologies augmentent le risque de décès grippal. Il s’agit des maladies chroniques neurologiques ou neuro-musculaires présentes chez 33 % des enfants décédés (sans autres facteurs de gravité de la grippe dans un peu moins de la moitié des cas).

Ainsi, globalement, seuls 47 % des enfants décédés de grippe étaient en bonne santé apparente avant de contracter la maladie.

Ces constatations conduisent les experts des CDC à recommander une intensification de la vaccination des jeunes enfants (même si celle-ci est loin de procurer une protection absolue puisque 19 % des enfants de 6 à 23 décédés dans cette étude avaient été vaccinés). Pour les CDC la vaccination antigrippale est préconisée tous les ans chez tous les enfants de 6 à 23 mois. Elle est très fortement recommandée chez les sujets atteints d’affections chroniques augmentant la vulnérabilité au virus grippal auxquelles il faut adjoindre aujourd’hui les maladies neurologiques ou neuro-musculaires chroniques.

Ces résultats devraient par ailleurs stimuler les recherches sur de nouvelles formes de vaccin antigrippal, en particulier vivant atténué, et sur la mise au point de traitements anti-viraux pouvant être prescrits à de très jeunes enfants.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
.
Répondre