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Reynolds S et coll. : “ Male circumcision and risk of HIV-1 and other sexually transmitted infections in India.” Lancet 2004; 363: 1039-40.
Publié en mars 2004
Depuis les premières études sur le sida, on sait que les sujets circoncis sont moins souvent infectés par le VIH que les individus non circoncis. Cette constatation a été confirmée par la plupart des recherches épidémiologiques conduites tant dans les pays développés que dans le Tiers monde.
. Cette constatation a été confirmée par la plupart des recherches épidémiologiques conduites tant dans les pays développés que dans le Tiers monde.
Pour expliquer cette réduction indéniable du risque, trois théories s’affrontent. Pour les uns la circoncision, dont la pratique repose sur des obligations religieuses ou des facteurs culturels, serait simplement un marqueur épidémiologique de comportements sexuels à moindre risque. Pour les autres, la circoncision diminue le nombre de maladies sexuellement transmissibles (MST) et en particulier celles qui s’accompagnent d’ulcérations génitales et supprime ainsi un facteur favorisant l’entrée du VIH dans l’organisme. Pour les derniers enfin, la protection conférée est bien directe et biologique, l’ablation du prépuce éliminant une porte d’entrée du virus puisque cette muqueuse porte de nombreuses cellules cibles comme des lymphocytes CD4+ et des cellules de Langerhans.
Une diminution du risque de 85 % chez les circoncis !
Une nouvelle étude conduite en Inde semble donner raison aux partisans de cette dernière thèse, ce qui n’est pas sans conséquences pratiques potentielles.
Steven Reynolds et coll. ont suivi de façon prospective durant 7 ans, 2298 hommes séronégatifs pour le VIH qui avaient consulté dans un dispensaire de prise en charge des maladies vénériennes à Pune en Inde. Parmi ces sujets, 191 étaient circoncis et 2107 ne l’étaient pas. Les caractéristiques démographiques et les facteurs de risque classique de contamination par le VIH étaient similaires entre les deux groupes (nombre de partenaires, utilisation de préservatifs, niveau socio-culturel…). Les seules différences significatives (et attendues) entre les circoncis et les autres étaient l’appartenance religieuse (62 % des sujets circoncis étant musulmans contre seulement 0,1 % des non circoncis) et la présence d’une ulcération génitale lors de la première visite (3 % contre 6,7 %).
Au cours du suivi, le pourcentage de cas de syphilis, de gonococcies et d’infections génitales herpétiques à HSV-2 a été équivalent dans les deux groupes, ce qui semble confirmer la similarité des facteurs de risque de contamination sexuelle. Durant la même période 2 sujets circoncis contre 165 non circoncis sont devenus séropositifs pour le VIH soit une diminution significative du risque relatif ajusté de 85 % avec un intervalle de confiance à 95 % compris entre 38 % et 96 %, p=0,0089.
Il semble donc, qu’à comportement à risque équivalent, les sujets circoncis aient une probabilité de contamination par le VIH divisée par 6,7. Ces résultats corroborent fortement la thèse biologique qui attribue à l’ablation d’une porte d’entrée virale le rôle bénéfique de la circoncision, l’absence de protection vis à vis de certaines autres MST s’expliquant par des portes d’entrée différentes comme par exemple la muqueuse urétrale dans le cas de la gonococcie