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SOUFFLE CARDIAQUE CHEZ L’ENFANT 2ème partie

1- Le moment du cycle où le souffle est entendu. C’est un élément essentiel de la relation

entre l’anomalie et le souffle. Il est d’abord crucial de distinguer les souffles systoliques

des souffles diastoliques.

 

LES SOUFFLES SYSTOLIQUES doivent être différentiés en :

Les souffles holo systoliques, c’est-à-dire qui apparaissent dès le premier bruit et qui vont

jusqu’au deuxième bruit, incluant la phase de contraction iso-volumétrique des ventricules.

Ceci concerne les communications inter-ventriculaires et les souffles d’insuffisances auriculoventriculaires mitrale ou tricuspide.

 

Les souffles systoliques d’éjection, ne commencent pas au premier bruit mais après la phase

de contraction iso volumétrique et sont donc méso systoliques (souvent précédés d’un clic

lorsque la sténose est valvulaire). Ils correspondent à toutes les formes anatomiques de

sténoses aortique ou pulmonaire.

Les souffle télé-systoliques sont entendus en cas de prolapsus valvulaire et sont souvent

précédés d’un clic méso ou télé systolique.

 

LES SOUFFLE DIASTOLIQUES ; on distingue également trois types de souffle

diastoliques.

Les souffles proto-diastoliques entendus aussitôt après le deuxième bruit, qui occupent la

phase de relaxation iso volumétrique et s’étendent éventuellement à la phase de remplissage ;

ce sont des souffles régurgitants témoignant d’une insuffisance aortique ou pulmonaire.

 

Les souffles méso diatoliques ; ce sont le plus souvent des roulements, qui sont dus à la

turbulence du sang à travers les valves auriculo-ventriculaires en diastole. Ils commencent

après la phase de relaxation iso volumétrique (décalés du deuxième bruit) ; ils sont dus soit à

des sténoses des valves auriculo-ventriculaires, soit plus fréquemment à des augmentations de

flux à travers ces valves, accompagnant une fuite auriculo-ventriculaire (le flux diastolique est

la somme du flux normal et du flux régurgitant), ou liées à des augmentations du débit

pulmonaire à travers la valve mitrale (shunt ventriculaire ou artériel) ou à travers la valve

tricuspide (communication inter auriculaire).

 

Les souffles télé-diastoliques proviennent d’un gradient trans-valvulaire au moment de la

systole auriculaire et correspondent en général à un rétrécissement de la valve auriculoventriculaire.

Ils ne sont entendus que lorsqu’il y a une systole auriculaire (absents dans la

fibrillation auriculaire).

Les souffles méso ou télé diastoliques sont des souffles à basse pression, de tonalité grave et

sont appelés roulement.

 

LES SOUFFLES CONTINUS.

Ce sont des souffles qui existent à la fois en systole et en diastole, sans séparation (à

distinguer des souffles systolo-diastolique des sténoses associées à des fuites).

On en distingue deux types :

Ceux qui sont plus intenses en systole et qui correspondent à une communication entre

l’aorte et l’artère pulmonaire ou le système veineux (canal artériel, circulation collatérale ou

fistule artério-veineuse).

 

Les souffles qui sont plus intenses en diastole sont en général des souffles veineux, qui sont

plus intenses au moment ou le maximum de sang vient des veines vers l’oreillette. Il

comprennent dans les souffles veineux bénins ou ceux survenant dans les sténoses des retours

veineux systémiques, ou encore en cas de fistule artério-veineuse par augmentation du retour

veineux (fistule artério-veineuse du crâne).

 

2- La localisation du souffle dans le thorax donne une indication sur l’origine anatomique

du souffle. C’est en règle là où le souffle est maximum que la turbulence du sang l’est

également. C’est ce qui a fait définir les principaux sites d’auscultation : à l’apex pour la

mitrale, à la xyphoïde pour la tricuspide, au deuxième espace inter-costal gauche

pour l’artère pulmonaire, au deuxième espace inter-costal droit et le long du septum

pour la région aortique (sous valvulaire, valvulaire et supra valvulaire).

 

 

 

3- Les irradiations du souffle orientent sur la direction du flux turbulent. Il est

particulièrement important de retenir que les flux d’éjection sur la voie pulmonaire irradient

dans le dos et dans les aisselles, alors que les flux de communication inter-ventriculaire

 

 

sont panradiants (en rayons de roue) à partir de la localisation de la communication interventriculaire, et s’estompent au fur et à mesure que l’on s’éloigne de ce site maximum. Les

flux d’insuffisance mitrale sont dirigés vers l’apex, les flux d’insuffisance tricuspide

irradient peu et augmentent lors de l’inspiration. Le flux d’insuffisance aortique est plus bas

situé que le souffle d’insuffisance pulmonaire, le long du bord gauche du sternum.

 

4- L’intensité, elle se chiffre en 6èmes. A partir de 4/6 le souffle est intense et s’accompagne

d’un frémissement et à 6/6 il s’entend avant que le stéthoscope ne soit appliqué sur la paroi.

Si en règle l’intensité du souffle correspond à l’importance de la lésion, cela n’est pas toujours

vrai. Ainsi lorsque l’obstacle est très sévère au point de diminuer le débit cardiaque (sténose

aortique très sévère), le souffle peut ne pas être intense alors que l’obstacle est serré. De

même dans l’insuffisance pulmonaire, lorsque celle-ci est massive et que les pressions

s’égalisent en proto-diastole entre l’artère pulmonaire et le ventricule droit, le souffle

diastolique de régurgitation pulmonaire disparaît. Enfin dans les communications interventriculaires, les souffles sont d’autant plus intenses que le gradient de pression est

important, ce qui est le cas dans les petites communications inter-ventriculaires et non dans

les larges qui sont plus graves.

 

5- La tonalité. Les souffles aigus sont des souffles qui sont générés par des fortes

différences de pressions, alors que les souffles graves ou roulements sont générés par des

basses différences de pressions et des augmentations importantes de flux. Rappelons que

les souffles aigus sont mieux entendus avec le diaphragme, et les souffles graves avec la

cloche.

 

LES SOUFFLES FONCTIONNELS EN PEDIATRIE.

Ils sont extrêmement fréquents et sont le motif de consultation spécialisée de loin le plus

fréquent. Il sont souvent transitoires, ou variables apparaissant lorsque l’enfant a par exemple

de la fièvre ou est anémique. Bien que ces souffles soient souvent appelés fonctionnels ou

innocents, il vaut mieux les appeler « souffles normaux » lorsqu’on s’adresse aux parents

pour bien souligner que le coeur est normal et qu’il est normal de les entendre chez leur

enfant.

Le diagnostic clinique de ces souffles normaux passe par deux stades.

Le premier consiste à vérifier que toutes les caractéristiques d’un souffle normal sont

présentes et le deuxième à vérifier qu’il ne s’agit pas d’anomalies mineures qui pourraient

réunir également les caractéristiques des souffles normaux.

Il y a 6 caractéristiques à un souffle normal :

1/ il n’y aucun symptôme cardiovasculaire.

2/ le souffle a une intensité inférieure à 3/6 et ne doit donc jamais être frémissant.

3/ les bruits du coeur sont normaux et en particulier les deuxièmes bruits qui doivent

comporter un dédoublement variable.

4/ le souffle est habituellement court méso systolique, et varie avec la position.

5/ la taille du coeur est normale ce que l’on peut vérifier par la palpation d’ une pointe non

déviée.

6/ les pouls sont tous perçus et la pression artérielle est normale.

Pour bien différencier ces souffles normaux d’anomalies organiques (en général mais

pas toujours mineures) qui partagent ces 6 caractéristiques, il est important de

distinguer 6 types de souffles normaux.

1/ le souffle sur la voie pulmonaire. Il s’agit d’un souffle systolique éjectionnel assez court,

entendu au 2ème-3&ent size="3">distinguer 6 types de souffles normaux.

1/ le souffle sur la voie pulmonaire. Il s’agit d’un souffle systolique éjectionnel assez court,

entendu au 2ème-3ème espace inter-costal gauche et qui provient de turbulences dans

l’infundibulum pulmonaire. C’est ce souffle qui est le plus communément entendu dans les

hyper-débits cardiaques (fièvre et anémie) ;

Le diagnostic différentiel de ce genre de souffle est surtout la communication inter-auriculaire

qui elle aussi donne une augmentation du flux dans cette région. Il peut être en général fait

cliniquement sur l’absence d’anomalie des deuxièmes bruits, et en particulier l’absence de

dédoublement fixe et l’absence d’irradiation dans le dos. Dans la communication interauriculaire

il y a souvent également un éclat du premier bruit et un petit roulement protodiastolique

xyphoïdien. Au moindre doute une échocardiographie permet de redresser le

diagnostic. Les sténoses infundibulaires organiques peuvent également se traduire par un

souffle de ce type ; il est en général plus rude et impose de ce fait la confirmation

échocardiographique.

 

 

2/ le souffle « musical » piaulant entendu au bord inférieur du sternum et au niveau de

l’apex. Il est également court et méso-systolique. On pense que ce souffle naît de turbulences

dans la région sous aortique. Il correspond souvent à l’existence de faux tendons, réunissant la

mitrale au septum inter-ventriculaire.

Les principaux diagnostics différentiels sont les obstacles sous aortiques et en particulier

l’hypertrophie septale asymétrique des myocardipathies hypertrophiques qui ont en général

des anomalies sur l’ECG et des antécédents familiaux. Là encore c’ est l’échocardiographie

qui permet le diagnostic différentiel. Un autre diagnostic différentiel est celui des petites

communications inter-ventriculaires soit péri-membraneuses avec souvent un anévrysme du

septum membraneux, soit les communications trabéculées basses, apexiennes. Là encore c’est

l’échocardiographie doppler couleur qui permet le diagnostic différentiel qui a surtout pour

intérêt d’indiquer une prophylaxie anti-oslérienne, car de toute façon ces CIV doit être

respectées.

 

3/ le souffle veineux. Il s’agit d’un souffle continu qui est plus intense en diastole, qu’en

systole. Il est entendu assez haut au bord droit du sternum et correspond à des turbulences sur

la veine cave supérieure. Ces souffles sont caractérisés par le fait qu’ils sont plus intenses

chez le sujet assis et qu’ils diminuent d’intensité, voire disparaissent, lorsqu’on comprime la

jugulaire à la base du cou.

Les seuls diagnostics différentiels de ces souffles sont les retours veineux pulmonaires

anormaux qui augmentent le flux dans la veine cave supérieure. Ceux-ci lorsqu’ils sont

totaux sont responsables d’une cyanose et lorsqu’ils sont partiels sont responsables d’une

hémodynamique comparable à celle des communications inter-auriculaires, avec un souffle

systolique dans l’infundibulum pulmonaire et un dédoublement persistant du deuxième bruit.

 

4/ le bruit carotidien. Celui-ci est extrêmement fréquent chez l’enfant. Il est entendu très

haut, au niveau de la bifurcation carotidienne.

Le diagnostic différentiel est celui de la sténose aortique ou des bicuspidies aortiques peu

sténosantes. Ces souffles organiques d’origine aortique s’accompagnent presque toujours d’un

frémissement alors que les bruits carotidiens jamais.

5/ les souffles cardio-pulmonaire. Il s’agit de bruits que l’on pense être dus à la compression

de la lingula du poumon entre le coeur et la paroi antérieure du thorax. Ils sont plus intenses au

milieu de l’inspiration et de l’expiration et disparaissent lors d’inspiration ou d’expiration

forcée. Là encore ils sont mieux entendus sur le malade assis.

 

6/ les souffles sur les branches pulmonaires. Il s’agit de souffles systoliques entendus dans

les aisselles. Ces souffles sont presque constants chez les nouveau-nés ou les prématurés, et

disparaissent en général vers l’âge de 3 mois. Ils proviennent de turbulences dues à la

différence de taille entre la le tronc de l’artère pulmonaire et les branches à cette période de

vie.

Pour terminer, il importe de souligner que nombre de malformations cardiaques,

éventuellement sévères, peuvent ne s’accompagner d’aucun souffle et qu’en aucun cas

l’absence de souffle ne permet de parler de coeur normal. Nous en voulons pour preuve les

transpositions simples des gros vaisseaux qui sont des grandes urgences néonatales ou les

atrésies pulmonaires avec CIV. C’est l’auscultation des bruits et surtout le contexte clinique

qui permettent de rectifier les diagnostics.

Il faut également rappeler la facilité avec laquelle on peut aujourd’hui de façon non invasive

obtenir une échocardiographie doppler qui permet de préciser les diagnostics hésitants.

 

 

 

 

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