Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Site de pédiatrie

Publicité

Enfant élevé par un seul parent

Gunilla Ringbäck et coll

Publié en janvier 2003

 

Près d’un quart des enfants sont aujourd’hui élevés dans des familles monoparentales, généralement à la suite d’une séparation. Pour déterminer les conséquences sanitaires de ce mode de vie, Gunilla Ringbäck et coll. de Stockholm ont entrepris une étude épidémiologique rétrospective d’une ampleur exceptionnelle puisqu’elle a permis de comparer, entre 1991 et 1999, un groupe de 65 085 enfants élevés par un parent isolé à 925 257 enfants vivant avec leurs deux parents, soit la totalité de la population enfantine suédoise. La mortalité (globale et spécifique) et la morbidité liée à des affections graves, évaluées par les admissions hospitalières ont été mesurées dans les deux groupes.

Les résultats bruts montrent que les risques de maladies psychiatriques dans l’enfance ou l’adolescence, de suicide ou de tentative de suicide, d’accidents de la voie publique et d’addiction (alcool ou drogues illicites) sont significativement augmentés chez les enfants élevés par un seul parent.

Cet accroissement de risques pouvant être lié à des facteurs de confusion évidents, les auteurs ont ajusté les résultats en tenant compte du statut socio-économique du foyer, des addictions et des affections psychiatriques chez les parents. Après ces calculs spécialement complexes, le risque relatif ajusté de maladies psychiatriques est multiplié par 2,1 chez les filles (intervalle de confiance à 95 % : 1,9 à 2,3) et 2,5 chez les garçons (IC 95 : 2,3 à 2,8). De même, le risque de tentative de suicide est multiplié par 2 chez les filles et 2,3 chez les garçons tandis que le risque de maladies liées à l’alcool est multiplié par 2,4 chez les filles et 2,2 chez les garçons et celui des toxicomanies de 3,2 chez les filles et de 4 chez les garçons. Les garçons semblent donc légèrement plus sensibles aux effets néfastes d’une éducation monoparentale. Leur mortalité globale est même significativement augmentée (131 décès parmi les garçons élevés par un parent unique contre 1117 chez les garçons vivant avec leur deux parents, risque relatif : 1,54, intervalle de confiance à 95 % : 1,29 à 1,85).

Malgré toutes les imprécisions inhérentes à ce type d’étude de très grande envergure, et aux difficultés de l’ajustement de taux de morbi-motalité par des critères socio-économiques ou par la morbidité psychiatrique des parents, il semble donc bien, que le fait d’être élevé par un seul parent, constitue, en soi, un facteur de risque psychiatrique important pour l’enfant.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
.
Répondre