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Etat de santé du Monde

Lopez A et coll. : « Global and regional burden of disease and risk factors, 2001 : systematic analysis of population health data. » Lancet 2006

 

Publié en  mai 2006

 

Les organismes internationaux publics comme l’OMS ou la Banque mondiale ou des institutions privées comme la Bill and Melinda Gates Foundation photographient régulièrement l’état de santé de la population mondiale. L’objectif de ces enquêtes est d’évaluer les besoins sanitaires dans les différentes régions du monde et de mesurer l’impact des actions entreprises.

 

Alan D Lopez et coll. nous proposent aujourd’hui la vision la plus précise possible de l’évolution de l’état sanitaire de la planète entre 1990 et 2001. Pour y parvenir cette équipe internationale d’épidémiologistes a colligé les données issues de plus de 10 000 sources différentes portant sur la mortalité liée à 21 groupes d’affections et sur l’impact en terme de séquelles, de handicap ou de diminution de la qualité de vie de 136 types de maladies. Nous nous intéresserons particulièrement à la mortalité infantile dans le monde qui est l’un des indicateurs les plus fiables du développement.

 

Sur les 56 millions de personnes décédés dans le monde en 2001, 10,6 millions étaient des enfants dont 99 % vivaient dans des pays à niveau de vie faible ou moyen. Cinq groupes d’affections, facilement curables ou accessibles à la prévention, représentent plus de la moitié des causes de mortalité infantile dans ces régions du monde: infections respiratoires aiguës, rougeole, diarrhée, paludisme, sida.

 

Entre 1990 et 2001, le taux de mortalité chez les enfants de moins de 4 ans a diminué dans toutes les régions du monde (en moyenne de 30 %) mais de façon plus marquée dans les pays les plus riches où ce taux tournait en 2001 autour de 1/1000/an tandis qu’il était toujours d’environ 40/1000 en Afrique sub-saharienne.

 

Fait plus que préoccupant, en 11 ans, en Afrique sub-saharienne, la mortalité infantile liée au paludisme et au sida a augmenté en valeur relative comme en valeur absolue. Tout se passe donc comme si les progrès enregistrés, même dans les régions les plus pauvres du monde en matière de rougeole, d’infections respiratoires aiguës et de diarrhée étaient contrebalancés par l’expansion de l’épidémie de sida et l’échec de la lutte contre le paludisme.

 

L’évolution de la mortalité dans le même temps chez les adultes de 15 à 59 ans, ne rend guère optimiste pour l’avenir proche puisque si le taux de décès annuel a décru dans les pays riches, en Amérique latine, au Moyen-orient, en Afrique du Nord et en Asie du Sud et de l’est, il a augmenté en Europe de l’est et dans l’ancienne Union soviétique et surtout en Afrique sub-saharienne. Dans cette région, la mortalité pour cette tranche d’âge est passée d’un peu plus de 6/1000/an à 11/1000 environ du fait de la propagation de l’épidémie de sida, cette affection étant en cause de plus d’un décès sur 3 chez l’adulte. Ainsi, chez l’adulte, en 2001, la mortalité liée au sida en Afrique sub-saharienne est près de 2 fois supérieure à la mortalité toutes causes réunies dans les pays développés.

 

Si l’état de santé de la population de la planète s’est donc globalement amélioré au cours des 10 dernières années, en partie grâce aux programmes initiés par les organismes internationaux, l’Afrique noire est mal partie…
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