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Un nouveau traitement pour le botulisme infantile

Arnon S et coll. : « Human botulism immune globulin for the treatment of infant botulism. » N Engl J Med 2006 ; 354 : 462-71

Publié le 07 février 2006

 

Le botulisme infantile est une maladie orpheline qui atteint aux Etats-Unis 80 à 110 nourrissons chaque année. Il est dû à l’ingestion de spores de Clostridium botulinium (ou plus rarement de C.butyricum ou C. baratii) et à la libération dans le côlon de la toxine botulique.

 

Les manifestations cliniques vont de formes légères qui peuvent être suivis en ambulatoire à des formes sévères plus fréquentes qui associent une hypotonie généralisée à des complications (en particulier des paralysies respiratoires) qui imposent l’admission en service de réanimation.

 

En dehors d’une prise en charge symptomatique toujours indispensable, le sérum équin anti-botulique prescrit dans certains cas chez l’adulte n’est pas utilisé chez l’enfant en raison des risques majeurs de maladie sérique et d’anaphylaxie.

 

Une équipe californienne a donc mis au point un sérum humain anti-toxine botulique, le BIG-IV, et l’a testé chez des nourrissons atteints. Ces gammaglobulines humaines spécifiques (BIG-IV) ont été obtenues par plasmaphérèse chez des employés d’un laboratoire spécialisé dans la recherche sur la toxine botulique qui avaient été préalablement vaccinés pour les prémunir contre leurs risques professionnels par un vaccin anti-toxine botulique pentavalent.

 

Dans le cadre d’une première étude randomisée contre placebo, 122 enfants atteints de botulisme biologiquement prouvé ont reçu soit 1 ml/kg de BIG-IV en une injection intraveineuse soit des gammaglobulines intraveineuses standard.

 

Les résultats sont tout à fait en faveur de l’utilisation de ces gammaglobulines hyper-immunes.  Les nourrissons traités par BIG-IV dans les 3 jours de leur admission ont en effet bénéficié d’une réduction de leur séjour hospitalier de 3,1 semaines (de 5,7 à 2,6 semaines), de leur hospitalisation en réanimation de 3,2 semaines, de la période de ventilation assistée de 2,6 semaines et de la durée de l’alimentation parentérale de 6,4 semaines (p<0,001 pour toutes les comparaisons). Aucun effet secondaire grave n’a été attribué au BIG-IV.

 

Une étude ouverte conduite chez 382 enfants a confirmé ces bons résultats et a montré qu’un traitement précoce (administré dans les 7 jours) diminuait la durée d’hospitalisation de 2,2 semaines par rapport à un traitement tardif.

 

L’administration de gammaglobulines humaines hyper-immunes doit donc être envisagée pour tous les nourrissons souffrant de botulisme. L’indication pourrait être étendue aux adultes.

 

Des travaux sont en cours pour produire ces gammaglobulines par génie génétique et disposer ainsi de stocks plus importants de sérum que par l’extraction par plasmaphérèse. Ceci serait particulièrement important si la toxine botulique était utilisée dans le cadre d’un attentat terroriste.
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