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Désensibilisation injectable : il faut toujours être prudent !

Hetal S Amin et coll : “Evaluation of near-fatal reactions to allergen immunotherapy injections” J Allergy Clin Immunol 117 (1) 169-175.

Publié en Jan 2006

L’efficacité de l’immunothérapie injectable en allergologie n’est plus à démontrer. Cependant, ce type de prise en charge expose toujours à des réactions systémiques potentielles.

 

L’incidence des réactions sévères menaçant le pronostic vital sans aboutir au décès est moins bien connue que celle des réactions fatales. C’est ce qui a conduit HS Amin et coll. à conduire une enquête sur ce thème parmi 273 allergologues, au Canada et aux Etats-Unis, qui ont répondu à un questionnaire sur les accidents de réactions systémiques sévères fatales ou non observées après immunothérapie injectable au cours de leur pratique.
Une réaction sévère menaçant le pronostic vital a été définie comme comportant une difficulté respiratoire grave et/ou une hypotension nécessitant un traitement d’urgence par adrénaline.

 

L’incidence des réactions sévères confirmées, menaçant le pronostic vital mais n’ayant pas abouti au décès, a été évaluée à une par million d’injections. Quarante six pour cent des réactions sévères non fatales et 88 % des réactions fatales concernaient des asthmatiques.
Une hypotension était présente dans 80 % des cas et une détresse respiratoire dans 10 % des réactions sévères non fatales, exclusivement chez les asthmatiques.

 

L’adrénaline n’a pas été administrée, ou bien avec retard, dans 6 % des réactions sévères contre 30 % des réactions fatales (OR 7,3 ; IC 95% 1,4-39,8 : P = 0,01).
La prise d’antihistaminique le jour de l’injection n’a pas empêché la survenue d’une réaction sévère.

 

Des facteurs favorisant ont été soulignés : injection co-saisonnière (46 %des cas), erreur de dose (25 %), asthme déséquilibré (10 %), antécédents de réactions systémiques (9 %), prise concomitante de bêta-bloquant (3 %) et absence de délai de surveillance après l’injection (3 %).

 

Ces résultats, comme tous ceux obtenus à partir de questionnaires, comportent forcément des biais mais sont intéressants pour l’évaluation de la fréquence des accidents graves mais également pour le rappel des règles de bonne pratique de la désensibilisation. Il faut toujours, même si le patient est désensibilisé depuis longtemps, vérifier la concentration du flacon, la dose (qui doit être diminuée lors de la saison pollinique), l’absence de nouveaux médicaments (bêta-bloquant et IEC), de réaction précédente, mesurer le peak-flow chez l’asthmatique et exercer une surveillance de 30 minutes après l’injection.
En cas d’accident, l’administration rapide d’adrénaline est capitale.
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